Le 9 novembre 2025, ATLAS et l’ATLF ont tenu leur traditionnelle table ronde professionnelle dans la chapelle du Méjan à Arles pendant les Assises de la traduction littéraire, autour du thème "S’organiser, maintenant". La préparation a été assurée conjointement par la présidence et la vice-présidence des deux associations sœurs.
Margot Nguyen Béraud assurait la modération pour le compte d’ATLAS. La tribune réunissait trois membres d’organisations d’artistes-auteurs : Pauline Tardieu-Collinet pour le collectif traducto-technocritique En Chair et en Os pour une traduction humaine, Emmanuel Simon pour le STAA – CNT-SO (Syndicat des travailleureuses artistes-auteurices) et Samuel Sfez pour l’ATLF.
Les intervenants et intervenantes ont d’abord présenté un tour d’horizon de l’état du monde de la culture en France. En premier lieu, la précarité des artistes auteurs et autrices, que tout le monde s’accorde à reconnaître, à commencer par les statistiques du Ministère de la Culture, comme l’a rappelé Emmanuel Simon. Côté traduction, l’enquête réalisée en avril 2025 par l’ATLF présente aussi un tableau peu reluisant, avec un revenu moyen des traducteurs et traductrices inférieur au Smic, et un écart persistant de la rémunération entre hommes et femmes. À cela s’ajoute le pillage des œuvres des traductrices et traducteurs par l’intelligence artificielle générative.
Comme l’ont relevé les personnes présentes sur le plateau, ce constat est encore terni par les coupes budgétaires conséquentes et répétées dans le monde de la culture et des choix politiques qui dépossèdent les artistes auteurs et autrices de leur agentivité politique, par exemple dans la gestion de leur organe de sécurité sociale (2S2A). Les intervenants et intervenantes n’ont pas manqué d’évoquer le danger immédiat que représente la mainmise de l’extrême-droite sur les organes de presse et d’édition à travers l’empire Bolloré, dans le monde du spectacle avec Pierre-Édouard Stérin, et sur les entreprises technologiques en France et à l‘étranger (Pierre-Édouard Stérin en France, Elon Musk aux États-Unis notamment).
La deuxième partie de la table ronde s’est attachée à présenter les réponses possibles à cet état de fait, qui n’a rien d’immuable. Dans l’actualité la plus immédiate, la proposition de loi sur la continuité de revenus est un facteur d’espoir important pour toutes les professions artistiques.
La mobilisation physique, comme celle menée par les syndicats du spectacle à Aix-en-Provence contre les Nuits du bien commun de Pierre-Édouard Stérin ou par l’ATLF le 30 septembre à l’occasion de la St Jérôme, sont une réponse possible.
L’information, la connaissance et les formations pratiques permettent aux artistes auteurs et autrices de mieux s’outiller pour résister à ce qui réduit leur horizon : c’est par exemple l’objectif des formations d’ATLAS et de l’ATLF, de l’action de plaidoyer et des fiches-outil thématiques développées par En Chair et en os.
Le mot de la fin, partagé par toutes et tous, a été laissé à France Gall, qui nous invitait à résister pour exister.
