En mars 2025, l’ATLF a interrogé ses adhérents au moyen d’un questionnaire en ligne portant sur les conditions de travail des traducteurs d’édition et mis en place par le cabinet Axiales.
L’analyse faite à partir des résultats statistiques a permis de dégager deux grandes tendances. Premièrement, la traduction littéraire est un métier multitâche qui recoupe de nombreuses missions comme les fiches de lecture, les rencontres publiques ou les animations d’atelier de traduction. En revanche, ces missions chronophages mais indispensables tant elles augmentent la visibilité des traducteurs et/ou leur possibilité d’obtenir de nouveaux projets, occupent une place minoritaire dans les revenus (4%). D’un point de vue des droits sociaux, les traducteurs et traductrices prennent moins de congés qu’un salarié et leur santé mentale est dégradée par rapport aux salariés.
Deuxièmement, la présence de zone grise dans les relations éditeur-traducteur accentue le travail gratuit au sein de la profession. Les espaces de négociation mettent les traducteurs en position de vulnérabilité qui les pousse parfois à abandonner leurs droits, une rémunération (pour les tests de traduction, par exemple) ou une rémunération plus juste (pour les fiches de lecture ou les droits proportionnels).
L’enquête a également permis de faire ressurgir les tendances contractuelles vis-à-vis de l’utilisation de l’IA. Ainsi, 73% des contrats qui comportent une clause IA servent à interdire l’utilisation de logiciels de traduction automatique fondés sur des technologies d’IA, et 26% s’opposent au moissonnage et à la fouille de texte, clause dite « d’opt-out ».
L’enquête 2025 a aidé à repérer plusieurs lignes directrices qui confrontent les traductrices et traducteurs d’édition à la précarité : la baisse du niveau de vie malgré la nécessité de s’ancrer dans un domaine d’expertise poussé, la multiplication des tâches accessoires non valorisées financièrement, une carence en droits sociaux, l’absence de planning, l’impossibilité de prendre autant de congés que des salariés et des conditions d’exercice qui affectent leur santé mentale.
L’analyse est à découvrir avec nos autres enquêtes, ou en cliquant ci-dessous :